12 Mar 2026 / Agenda
Activité – 50 ans après le coup d’État en Argentine. La résistance d’hier et la lutte pour la démocratie aujourd’hui
À l’occasion du 50e anniversaire du coup d’État du 24 mars 1976 en Argentine, nous proposons de préserver la mémoire de la résistance à la dictature et d’alerter sur la montée et la persistance de projets politiques d’extrême droite qui attaquent la démocratie, la classe travailleuse et les organisations de défense des droits humains, et qui cherchent à remettre en cause les droits sociaux et du travail en Amérique latine et dans le monde.
Mardi 24 mars 2026 | 18h00 – 20h00, FGTB – Rue Haute 42, 1000 Bruxelles
Interprétation : français – espagnol
Inscription obligatoire via le lien suivant : https://forms.office.com/e/0sWtAnRpfM

Concept de l’événement
À l’occasion du 50e anniversaire du coup d’État du 24 mars 1976 en Argentine, nous proposons de préserver la mémoire de la résistance à la dictature et d’alerter sur la montée et la persistance de projets politiques d’extrême droite qui attaquent la démocratie, la classe travailleuse et les organisations de défense des droits humains, et qui cherchent à remettre en cause les droits sociaux et du travail en Amérique latine et dans le monde.
L’Argentine constitue aujourd’hui un signal d’alerte puissant sur les dynamiques politiques à l’oeuvre dans les Amériques et dans d’autres régions du monde, y compris en Europe.
La dictature civilo-militaire instaurée le 24 mars 1976, sous le commandement de Jorge Rafael Videla, a mis en oeuvre un programme de répression systématique et de transformation économique régressive qui a profondément affecté la classe travailleuse et la société dans son ensemble, faisant plus de 30 000 personnes disparues.
Aujourd’hui, sous le gouvernement de Javier Milei, réapparaissent des discours et des politiques qui remettent en cause le rôle de l’État, les droits du travail et les acquis sociaux.
Cette rencontre vise à débattre des continuités et des ruptures entre ce projet autoritaire et les politiques actuelles, dans une perspective syndicale et internationaliste. Elle entend également rappeler que, face à la progression de projets autoritaires et régressifs, il est essentiel de renforcer les alliances stratégiques entre syndicats et organisations de la société civile (OSC).
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la campagne mondiale 2026 de la Confédération syndicale internationale (CSI) : Lutter pour la démocratie.
Programme
Modération : Hanne Demuzere, IFSI – FGTB
18h00 – 18h15 | Ouverture institutionnelle
- Selena Carbonero Fernandez, Secrétariat général de la FGTB
- Message vidéo de Roberto Baradel, CTA-T
- SOLIDAR
18h15 – 19h15 | Mémoire et témoignages : exil et résistance
- Le coup d’État d’hier: Pierre Galand, Sénateur honoraire
- La résistance : témoignages d’exilées argentines, Angela Bofyls, Laura Gaud, Alicia Aguirre
- L’Argentine aujourd’hui : Claudio Guthmann, Amnesty International
19h15 – 19h50 | Débat ouvert
Discussion avec le public autour des questions suivantes :
- Quels parallèles peut-on établir entre 1976 et la situation actuelle en Argentine et en Europe ?
- Quelles alliances construire face aux gouvernements de droite ?
- Que signifie aujourd’hui « lutter pour la démocratie » du point de vue du mouvement syndical ?
- Quels parallèles peut-on identifier entre 1976 et le présent ?
- Comment renforcer les alliances entre syndicats et organisations de la société civile ?
- Quel rôle peut jouer la solidarité internationale depuis la Belgique et l’Europe?
19h50 – 20h00 | Conclusion et perspectives
Appel à la solidarité internationale, Jordania Ureña Lora, Secrétaire générale adjointe de la CSI
Contexte
Le coup d’État du 24 mars 1976 a instauré en Argentine une dictature civilo-militaire qui a exercé une répression systématique contre les organisations politiques, syndicales et sociales. À la fin du régime, en décembre 1983, le bilan fut dévastateur : 30 000 personnes disparues, dont 60 % étaient des travailleurs et travailleuses, ainsi que plus de 700 centres clandestins de détention à travers le pays.
Plus de 400 enfants ont été enlevés et confiés à des familles de militaires ou à leurs proches, privés de leur véritable identité. Des milliers d’Argentin·e·s ont été contraints à l’exil, dans ce qui constitue l’exil le plus important de l’histoire du pays. L’industrie nationale a été démantelée et des milliers de travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi ou ont été contraints d’accepter des conditions de travail précaires.
La résistance populaire s’est notamment incarnée dans l’action courageuse des Mères de la Place de Mai, qui recherchent leurs enfants disparus, et des Grand-mères de la Place de Mai, qui continuent de réclamer leurs petits-enfants. Le 30 mars 1983, une grève générale durement réprimée marque un moment clé de la résistance syndicale. Deux jours plus tard, dans une tentative vaine de se maintenir au pouvoir, la junte militaire lance la guerre des Malouines, une aventure tragique qui se soldera par un échec retentissant. Quelques mois plus tard, le régime est contraint d’organiser des élections générales qui marqueront le retour à la démocratie.
Aujourd’hui, 50 ans plus tard, sous le gouvernement de Javier Milei, qui nie les crimes contre l’humanité commis par la dictature, réapparaissent des discours, des politiques et des actions rappelant ce passé douloureux. L’objectif déclaré de Milei est de reprendre le programme de la dictature et d’accomplir ce que celle-ci n’a pas pu réaliser.
En deux ans, son gouvernement a engagé un processus de démantèlement de l’État, supprimant des ministères essentiels tels que le Travail, l’Éducation ou le Développement social. Des organismes publics chargés de la protection des personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies graves et de longue durée ont été supprimés, de même que des structures soutenant l’enfance et les personnes âgées en situation de vulnérabilité.
Des milliers d’entreprises ont fermé et des centaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi, souvent de manière arbitraire. Le gouvernement tente actuellement de faire adopter une réforme du travail qui remettrait en cause près d’un siècle de législation sociale et de droits du travail, constituant probablement la réforme la plus radicale de la région.
Dans ce contexte, cette rencontre vise à favoriser le débat, la mémoire et la solidarité internationale, tout en soulignant l’importance de construire des stratégies communes entre syndicats et organisations de la société civile afin de défendre la démocratie et les droits sociaux.
