27 Août 2026 / Analyses & réflexions
« Camarades, bonjour » : les cercles d’études, socle de l’éducation populaire au Bénin
Une délégation de la FGTB et de l’IFSI a participé à plusieurs cercles d’études organisés au Bénin par les partenaires syndicaux CSA-Bénin et UNSTB. Ce reportage, initialement publié dans Syndicats Magazine, met en lumière ces espaces d’apprentissage collectif qui constituent un pilier de l’éducation populaire et du renforcement syndical.

« Camarades, bonjour. » « Bonjour, camarades. »
Les salutations se suivent et se répondent, d’une voix. Ce matin, les chaises sont disposées en cercle dans cette salle de classe du quartier de Zoundja, à Abomey-Calavi. Une dizaine de personnes s’installent. Cette fois, ce sont des travailleurs et travailleuses du secteur de l’enseignement. Au tableau, soigneusement écrits à la craie, les principaux enseignements de la séance. Au fond de la classe, un autre tableau rappelle les paroles de l’hymne national béninois. Habituellement, cette pièce accueille sans doute des élèves plus jeunes. Aujourd’hui, pendant les vacances d’été, elle devient une école d’un autre genre : celle du syndicalisme.
Une délégation de la FGTB et de l’IFSI a pu prendre part à deux de ces cercles, en parallèle du Forum social mondial et de la Conférence pour la Paix à Cotonou, Bénin. Syndicats Magazine y était. Nous partageons ici leur article également disponible sur le site Syndicats. Rencontre.
Cercles
Ici pas de professeur, ni de conférence magistrale. Une animatrice ouvre les échanges, mais tout le monde est invité à prendre la parole. Certains prennent des notes, d’autres rédigent le compte rendu ou résument une partie de la discussion. Ici, la formation n’est pas descendante, elle est collective. La démocratie syndicale ne constitue pas seulement le sujet de la journée : elle est aussi la méthode.
Cette scène résume à elle seule l’esprit des cercles d’études, développés par la CSA-Bénin et l’UNSTB avec le soutien de l’IFSI, l’Institut de formation syndicale internationale soutenu par la FGTB. Leur principe est simple. Une dizaine de travailleuses et de travailleurs se retrouvent régulièrement, selon les disponibilités de chacun. Habituellement le soir, ou le samedi. Les vacances permettent exceptionnellement une rencontre en journée.
Former dans un contexte difficile
Cette démarche prend une résonance particulière au Bénin.
Le pays affiche une croissance économique soutenue, mais celle-ci ne profite pas encore équitablement au monde du travail. Près de 90 % des travailleurs et travailleuses exercent dans l’économie informelle, sans contrat de travail, sans protection sociale et souvent sans revenu stable. Les femmes y sont particulièrement nombreuses.
À cela s’ajoute un dialogue social rendu plus difficile par les restrictions apportées au droit de grève, qui limitent les capacités d’action des organisations syndicales. Dans ce contexte, la formation devient bien plus qu’un service proposé aux affilié·es du syndicat. Elle constitue un véritable outil d’organisation.
Apprendre… en pratiquant
Le sujet du jour pourrait paraître technique : le financement des organisations syndicales.
Comment assurer l’indépendance financière d’un syndicat ? Comment organiser la perception des cotisations ? Comment gérer les ressources avec transparence ? Très vite pourtant, la discussion dépasse les questions comptables. On parle confiance, plus-value, actions de terrain.

