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Le contexte

Un contexte socio-politique désastreux
Sur le plan politique, le contexte de la RDC continue de se caractériser par une augmentation significative des tensions sociales et de l’instabilité politique depuis le non-respect de la fin du mandat du président Kabila en 2016. Il n’est dès lors malheureusement guère étonnant que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme rapporte une augmentation de 25% des violations des droits de l’homme en 2017, après une augmentation de 30% en 2016. En outre, le rapport indique que les agents de l’Etat sont responsables dans 61% des cas et agissent en toute impunité.
Le secteur minier est souvent accusé de ne pas respecter le code minier qui prévoit le rapatriement de 40 % des recettes d’exportation. Dans la réalité, beaucoup de sociétés minières ne suivent pas cette obligation légale. Ainsi, en 2017, le Centre Carter a publié un rapport édifiant sur la Gécamines dans lequel les équipes de recherche relatent la non traçabilité de 750 millions US$ sur 1,1 milliard de bénéfices entre 2011 et 2014.

La situation est tout aussi dramatique dans les services publics où les agents continuent de percevoir leurs salaires sur base d’un taux de change désuet. Raison pour laquelle, des préavis de grèves ont été lancés dans plusieurs secteurs des services publics, dont nos partenaires, pour réclamer le respect des engagements du 1er ministre d’indexer les salaires. En effet, le dollar ­s’échangeait contre 930 francs congolais 2016 alors qu’il en valait 1600 en décembre 2017. De plus, certaines sociétés du portefeuille de l’Etat comme l’ONATRA (Office National des Transports) deviennent des champions dans le non-paiement des salaires puisque cette entreprise cumule des arriérés de 8 mois à Kinshasa et 7 mois à Matadi.

Une méthodologie adaptée et innovante
Parmi les innombrables défis qui traversent la société et le mouvement syndical congolais, le volet RDC mis en œuvre par l’IFSI se focalise principalement sur l’éducation des travailleurs.ses à la base. Pour nous, à l’instar du dialogue social, l’éducation permanente des membres représente simultanément un objectif et une stratégie pour opérer les changements nécessaires en vue d’une transformation en profondeur de la société congolaise. Ancrée dans la tradition africaine de l’arbre à palabre, la méthodologie des cercles d’étude est notre outil privilégié pour s’assurer que demain tous et toutes les travailleurs.ses ­aient accès à l’éducation et soient conscientisés.es sur leurs droits et devoirs au sein de l’entreprise, de l’organisation syndicale et de la société en général. Dans un pays comme la RDC, qui compte plus de 450 syndicats, le cercle d’étude est également un outil privilégié pour encourager l’unité d’action syndicale.

Un partenariat dynamique
Pour mener à bien cette stratégie, l’IFSI privilégie depuis le début le renforcement d’un ­partenariat dynamique à différents niveaux. Ce travail de réseau s’est encore considérablement étoffé en 2017 au plus grand bénéfice des affiliés.es de nos 3 partenaires regroupés au sein de l’Union Fait la Force (UFF), plateforme d’unité d’action syndicale. En effet, outre l’appui de la CGSP-wallonne avec qui nous focalisons prioritairement notre attention sur les services publics (éducation, santé, ­justice, fonction publique), l’IFSI étend sa collaboration à la Centrale Générale de la FGTB pour ­mieux cibler les travailleurs.ses des secteurs des mines et de l’énergie de 5 Provinces (Haut ­Katanga, ­Lualaba, Kinshasa, Kongo Central et Haut Uele). En outre, sur le plan international, l’IFSI continue de jouer un rôle déterminant au sein du PANAF, programme de coopération syndicale p­anafricain qui réunit les organisations ­­suédoises LO et TCO, brésilienne CUT-Brasil, belge FGTB et africaines CSI-Afrique et OUSA (Organisation de l’Unité ­Syndicale Africaine). Par ailleurs, en 2017 l’Internationale de l’Education (IE) a ­également accepté de venir renforcer notre volet en se ­focalisant sur les enseignant(e)s dans 3 provinces (Bandundu, Kinshasa et Kongo Central).

Quelques chiffres-clés

  • $8milliards

    Budget de l'état (2017)

  • 54%

    Inflation

  • 26%

    Dépréciation du franc congolais

  • 25%

    Augmentation du nombre de violations des droits de l'homme

  • 6 254

    Personnes formées dans les cercles d'études

  • 558

    Cercles d'études réalisés

  • $8 140

    Contributions des partenaires

  • $12,6

    Coût par travailleurs(ses) formé(es)

  • >450

    Prolifération syndicale

  • 176

    Indice de développement humain (/187 pays)