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Le contexte

LA PANDÉMIE EN AMÉRIQUE LATINE

La pandémie a eu des effets néfastes sur toute l’Amérique latine : des millions d’emplois perdus, le tissu des PME à reconstruire, des lois, des décrets votés pour flexibiliser les temps de travail, pour licencier sans donner d’indemnités. La pandémie a fait reculer les droits et les acquis d’au moins dix ans pour les femmes. La violence familiale contre les femmes et les enfants a augmenté. Les féminicides ont explosé. La répression de l’État, armée et police, a empiré et les groupes liés à l’État, aux grands propriétaires terriens, aux multinationales tels les para-militaires se sont senti pousser des ailes ainsi que les cartels de la drogue ou les bandes mafieuses. Le système de santé dans la plupart des pays latino-américains a reflété l’image inégalitaire des pays : hôpitaux publics peu nombreux, sous-équipés. Et un nombre ridicule de lits dans les unités de soins intensifs (le Costa Rica : 100 lits) sans parler des zones rurales abandonnées. Le Pérou enregistre plus de 200 000 décès, la Colombie, plus de 100 000. Quand les hôpitaux n’avaient plus d’oxygène, certains familles se sont endettées vendant jusqu’à leur maison pour payer les ballons d’oxygène, les médicaments au marché noir.

Les syndicats ont perdu des membres par milliers. Leur économie s’en trouve très affectée.

Et comme partout, ils ont dû relever le défi de passer au virtuel en intensifiant leur communication. Et faire face au sous-équipement informatique ou d’internet pour certains syndicats surtout dans les régions.

En même temps, il s’agissait de continuer à défendre les droits des travailleurs plus attaqués que jamais tout en étant confiné∙es, les syndicats ont dû adapter leurs infrastructures, ce qui a impliqué des frais supplémentaires sans compter que les procès et les affaires au tribunal du travail ou auprès du ministère du travail ont augmenté.

COLOMBIE

  • Taux de chômage 15,8% en septembre 2020, 10,2% en 2019, soit une augmentation de 5,6%.
  • Population économiquement inactive 16,9 millions de personnes en juin 2020, augmentation de 2,6 millions par rapport à 2019.
  • Gouvernement colombien n’a pas pris de mesures pour faire face aux effets de la crise sur l’activité productive et sociale seulement du côté des employeurs leur permettant de flexibiliser les horaires, de forcer les travailleurs à prendre des congés anticipés, de diminuer les rémunérations ou annuler des paiements extralégaux.
  • La mise en œuvre des accords de paix signés il y a cinq ans progresse très lentement.
  • Violence augmente : massacres d’anciens combattants des FARC, de jeunes « rebelles », des assassinats/disparitions de syndicalistes, de défenseurs des droits humains et de l’environnement, de femmes et d’opposants au gouvernement, comme cela s’est produit lors de la grève qui a débuté en avril 2020.
  • Les centrales syndicales font pression sur le gouvernement, exigent des mesures et appellent au dialogue. Mais le gouvernement ne négocie ni ne dialogue.

EQUATEUR

  • Taux de pauvreté de 25 % en 2019.
  • Taux de chômage de 15,7 % chez les femmes, 11,6 % chez les hommes.
  • Les employeurs, avec le soutien du gouvernement, ont essayé :
    • d’éliminer toutes les réglementations constitutionnelles et légales protégeant les travailleurs ;
    • de laisser le contrat à l’accord des parties et non soumis aux réglementations légales ;
    • de prolonger la phase probatoire des travailleurs pour trois ans ;
    • de supprimer les indemnités de licenciement ;
    • d’appliquer des horaires de travail flexibles, des horaires de travail sans aucune surcharge et des réductions de salaire.
  • Une taxe sur le travail est imposée, malgré le fait que le salaire de base ne couvre pas le panier de la ménagère.

EL SALVADOR

  • Taux de pauvreté de 55,7 % dont 71,7 % dans le secteur rural et 19,4 % dans l’extrême pauvreté.
  • Baisse de l’activité économique en 2020 très importante.
  • Augmentation du chômage, le travail précaire et la pauvreté dans le pays.
  • Le taux de chômage dans le pays atteignait 5,7 % avant la pandémie. Celui des hommes est plus élevé que celui des femmes (7 % et 5,4 % respectivement) contrairement au reste de l’Amérique centrale
  • La population la plus touchée par le chômage est celle des jeunes : sur le nombre total de chômeur∙ses dans le pays, environ 40,1 % appartenaient à la tranche d’âge des 15-24 ans. Les jeunes ont enregistré un taux de chômage de 13,4% cent, contre un taux de 6,3 % pour la population active totale (OIT, 2020).
  • Les violations des droits du travail sont diverses, avec 364 lieux de travail signalés comme ayant violé les droits du travail.
  • Répartition de l’emploi au Salvador : 44,5% sont des salarié∙es, 38,4% sont des indépendant∙es et 3,3% sont employé∙es dans le travail domestique. 55,7% des personnes sont employées dans le secteur informel, tandis que 55,7% sont des indépendant∙es.

HONDURAS

  • A ratifié 26 conventions internationales mais en respecte peu. Reçoit des blâmes internationaux dont l’OIT pour sa violence antisyndicale, assassinats de syndicalistes, de personnes indigènes, non-respect de la SST, de l’inspection au travail,… particulièrement dans les zones franches.
  • Nécessité de réformer le cadre législatif et, en particulier, le Code du Travail du Copé pénal pour respecter les conventions internationales.
  • Règlement approuvé pour le fonctionnement de la Table pour la prévention des conflits OIT (MEPCOIT)

PANAMA

  • Taux de chômage : 5,8% chez les hommes, 8,8% chez les femmes en août 2020.
  • Secteur informel : 44% en août 2019, prévision pour 2020, en raison de la pandémie : 55%.
  • Les employeur∙ses utilisent la pandémie comme excuse pour ne pas respecter les droits des travailleur∙ses : heures supplémentaires non payées, contrats sous-traités, …
  • Les multinationales violent la liberté syndicale, licencient les dirigeants syndicaux.

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

  • Taux de chômage : 6%, 4,2% hommes et 8,9% femmes.
  • Taux d’emploi : 56,7%, 71,1% hommes et 43,4% femmes.
  • Secteur informel: 54,5%, 57,6% hommes et 49,5% femmes.
  • Réformes législatives : travail, protection sociale
  • La CSA pousse la réactivation de la table syndicale du pays pour articuler les propositions et renforcer le mouvement syndical dans la construction des réponses aux problèmes actuels.

Partenaires:

  • CUT – Central Unitaria de los trabajadores de Colombia (Colombie)
  • CTC – Confederación de Trabajadores de Colombia (Colombie)
  • CEDOCUT – Confederación Ecuatoriana de Organizaciones Clasista Unitarias de trabajadores (Équateur)
  • CSTS – Confederación sindical de trabajadores salvadoreños (El Salvador)
  • CATS – Confederación Autónoma de trabajadoras y trabajadores salvadoreños (El Salvador)
  • CUTH – Confederación Unitaria de Trabajadores de Honduras (Honduras)
  • CTRRP – Confederación de Trabajadores de la República de Panamá (Panama)
  • CONUSI – Confederación Nacional de Unidad Sindical Independiente (Panama)
  • CS – Convergencia Sindical (Panama)
  • CASC – Confederación Autónoma de Sindicato Clasista (République dominicaine)
  • CNTD – Confederación Nacional de Trabajadores Dominicanos (République dominicaine)
  • CNUS – Confederación Nacional Unidad Sindical (République dominicaine)

Résumé de la logique d’intervention (scope géographique/sectoriel, stratégies, objectifs, partenariat, synergies éventuelles)

Géographie : Amérique latine avec focus sur 6 pays : Colombie, Équateur, El Salvador, Honduras, Panama et République dominicaine

Sectoriel : Interprofessionnel

Stratégies : La CSA oriente les centrales syndicales affiliées par rapport à la législation du travail des jeunes, elle travaille avec elles pour sensibiliser les jeunes à l’importance de l’affiliation ; enfin, elle organise des cours virtuels ou présentiels de formation syndicale.

Objectif : Les jeunes travailleurs et travailleuses latino-américain∙es contribuent à renforcer la CSA et ses syndicats affiliés. Pour ce, il sera question qu’iels s’identifient d’abord comme faisant partie de la classe « ouvrière », la classe de ceux et celles qui vivent de leur travail. Iels apprendront à défendre leurs droits de façon organisée.

Comment:

Cette jeunesse latino-américaine syndiquée participe activement dans les activités du projet : elle prend part au choix des activités à mener, à leur planification, leur mise en œuvre et leur exécution. Elle est également partie prenante de la vie politique des syndicats sectoriels et intersectoriels.

Dans ce projet, il est aussi question d’attirer vers la vie syndicale, les jeunes travailleurs et travailleuses latino-américain∙es non syndiqué∙es, en les incitant à participer à des actions et mobilisations. Ainsi, iels représentent leurs collègues, leurs ami∙es et défendent leurs droits sans être – encore – syndicalistes.

En même temps, un travail sera mené auprès des syndicats affiliés à la CSA pour que les dirigeant∙es reconnaissent l’importance de la participation des jeunes et les incorporent dans l’action syndicale.

Le focus gender est présent dans tout le projet que ce soit par la parité des personnes participant à des activités, à des formations ou dans le contenu de tout le matériel de sensibilisation ou de formation.

Avec qui:

La CSA travaille dans ce projet avec l’IFSI mais a comme partenaire la FGTB et compte sur l’appui de la FGTB Jeunes.

La FGTB jeunes développera des thèmes avec la CSA comme l’économie de plateforme. Les autres seront décidés par rapport à l’actualité politique, économique, sociale et syndicale.

Synergies:

Ce projet est un projet régional. Dans chaque pays, les syndicats intersectoriels travaillent, ou sont invités à le faire, avec les organisations de la société civile : ONG, associations diverses de droits humains ou environnementaux, mouvements féministes, LGBTQ+, organisations indigènes, etc.

La CSA, l’IFSI et la FGTB sont amenés aussi à monter des activités avec la CES ou la CSI mais également avec la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) ou SOLIDAR des séminaires, des conférences,…

Il existe aussi des ponts entre différents projets IFSI comme avec le projet « jeunes » de la CUT Colombie et la FGTB flamande ou du CSC « Travail décent »avec la CSC dans sa thématique gender ou la lutte pour la C190.

Résumé des principales activités

  • Formation interne et externe
  • Sensibilisation interne et externe
  • Conférences-débat